Nicolas Sarkozy, président-candidat

Discours sur la lutte contre la fraude sociale à Bordeaux, opposition au droit de vote des étrangers à l’occasion du Congrès des Maires, défense des agriculteurs dans le Gers, le Président de la République est indéniablement en campagne.

Mais n’allez surtout pas le lui dire. Car lui se plaît à répéter inlassablement au cours de ses déplacements qu’il agit dans le cadre de « l’intérêt général » et du « rassemblement ».
Ces nombreux déplacements –sept au total ce mois-ci en province-, sont donc considérés comme entrant dans le cadre de sa fonction présidentielle et imputés sur les comptes publics. Quand on sait que la Cour des Comptes estime à environ 90.000 euros les frais d’un déplacement présidentiel, on est en droit de se demander si le candidat-président Sarkozy ne pourrait pas trouver meilleure manière de satisfaire « l’intérêt général », lui qui appelle les Français à un effort collectif en ces temps de crise économique.

A commencer par se déclarer officiellement candidat. C’est ainsi que 2 socialistes ont saisi hier mercredi 30 novembre la Commission nationale des comptes de campagne. Car même si tous les présidents en exercice briguant un second mandat ont tous plus ou moins joué ce jeu, aucun ne l’a fait avec autant d’excès.

Car personne n’est dupe. Nicolas Sarkozy a même désigné clairement son adversaire lors du traditionnel petit déjeuner de l’UMP mardi matin. Ce qu’il faut critiquer, ce sont « les mensonges de Hollande, qui signe des accords et les dénoncent aussitôt. Ce n’est pas quelqu’un de fiable ». Il veut dénoncer « la duplicité du candidat socialiste ».

C’est en effet sans aucune hypocrisie que Nicolas Sarkozy a affirmé il y a quelques jours croire « depuis longtemps que le droit de voter et le droit d’être élu dans nos territoires doit demeurer un droit attaché à la nationalité française ». A plusieurs reprises, et notamment lors d’une interview présidentielle le 24 avril 2008, il a pourtant affirmé être « favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales à titre intellectuel » tout en regrettant de ne pas « avoir de majorité pour le voter ».

C’est aussi sans aucune ambiguïté que Roselyne Bachelot, dans l’émission « Mots Croisés » du lundi 28 novembre, affirme que les allocataires du RSA auront la « possibilité » de recourir à un contrat de 7h, payé en plus du RSA, quand le chef de l’État a annoncé quelques jours plus tôt qu’il s’agissait là d’une « obligation ».

Pour quelqu’un qui se vente de ne dire que la vérité aux Français, il serait temps que Nicolas Sarkozy joigne le geste à la parole.

C’est enfin sans aucun complexe qu’il nous rejoue la campagne présidentielle de 2007, principalement par la voix de Claude Guéant, en reprenant le couplet de l’immigration dans l’espoir de glaner des voix au Front National.

Il est en effet bien plus facile de stigmatiser des populations, de monter les Français les uns contre les autres, de chercher des boucs-émissaires, que d’avoir le courage de reconnaître ses propres erreurs.

Face à cet aveu d’impuissance, François Hollande a réaffirmé cette semaine ses priorités : « redresser le pays, l’industrie, les finances », fixer « un nouveau cap pour la jeunesse et l’éducation » et faire de la justice fiscale et sociale une réalité. Il a également proposé un « grand débat sur l’énergie en France ».

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