Ericka Bareigts, secrétaire d’État chargée de l’Égalité réelle dans le gouvernement : compétences, clarté, engagement

Les militants girondins étaient conviés à une rencontre vendredi 27 mai à la Fédération avec Ericka Bareigts, secrétaire d’État chargée de l’Égalité réelle dans le gouvernement.
Malgré son emploi du temps très chargé, la ministre avait souhaité ce moment « militant ».

Depuis 30 ans au PS, élue députée de la 1ere circonscription de la Réunion en 2012 avant d’être nommée au gouvernement en 2016, Ericka Bareigts porte son combat pour l’égalité de longue date. Elle a d’ailleurs participé à l’écriture d’un projet fédéral au sein de Génération Ambition en 2006, ce qui lui a valu la reconnaissance de François Hollande.

La Ministre indique que souvent, les lois, les décrets, les « solutions » uniformes s’appliquent sur une réalité qui est diverse. Il y a un gap énorme entre ce qui est fait pour la France et ce qui est ressenti  par les Français. L’objectif de l’Égalité est un combat de tous les jours, qui ne s’arrêtera pas avec une Ministre. Le temps politique n’est pas celui du citoyen. Nous devons cheminer vers le Graal de la république française « Liberté, Égalité, Fraternité ». Ces valeurs sont liées ; elles n’ont de sens qu’ensemble.
Ce Ministère interroge la République.

Depuis 2012, on a promu l’égalité réelle au travers des lois de la refondation de l’école, de l’accompagnement au vieillissement, pour les femmes, pour la santé, …mais chacun dans son Ministère.
Suite aux évènements dramatiques de 2015, il était nécessaire de coordonner les actions. Le projet de loi « égalité et citoyenneté » sera donc porté par 3 Ministres :

  • Patrick Kanner pour la citoyenneté : congés pour l’engagement citoyen, service civique étendu,…
  • Emmanuelle Cosse pour la mixité sociale pour déverrouiller les situations dans les quartiers : réservation de logements privilégiés, transparence des commissions d’attribution des logements, …..
  • Ericka Bareigts pour la coordination et l’égalité réelle : pouvoir à redonner aux conseils citoyens, ouverture de la fonction publique par la 3°voie, diversité des fonctions adaptées aux usagers, maitrise de la langue française, formation professionnelles tout au long de la vie, augmenter les sanctions pénales contre les discriminations, les propos racistes, antisémites,…

La différence est une richesse. Nous devons penser notre projet pour vivre ensemble.
L’efficience de nos actions est l’enjeu contre le FN.

Ericka a conclu en nous disant :
« Je suis fière des combats menés par les gouvernements depuis 2012. Gens de Gauche, il nous faut revenir à l’essentiel. Le travail politique est toujours imparfait, mais on a avancé sur tous les sujets. Nous sommes revenus sur les 5 ans de casse de Sarkozy. Je suis fière d’être dans le gouvernement de François Hollande »

Claire Zanotti, secrétaire fédéral aux Mouvements Citoyens

Jeudi de la Fédé #4 « L’état social-écologique »

Toujours dans la lignée des Cahiers de la Présidentielle, ce 4e rendez-vous des Jeudis de la Fédé s’articulait autour de la thématique « Prendre soin des autres et de soi : vouloir l’État social-écologique ».

Cinq intervenants étaient présents à la Fédération pour apporter leur éclairage aux nombreux militants présents, autour d’Emmanuelle Ajon, Secrétaire fédérale à l’Innovation et au développement social.

Après le mot d’accueil du Premier fédéral Thierry Trijoulet, Emmanuelle Ajon introduit le débat.

L’angle choisit est celui des précarités. La précarité s’est insinuée depuis quelques années maintenant dans les domaines jusqu’alors considérés comme les bases de la cohésion sociale – l’emploi, l’école, le logement, la famille – et elle a de ce fait largement contribué à transformer cette cohésion sociale, si complexe à maintenir. Longtemps confondue avec l’exclusion et la grande pauvreté, la précarité n’est plus aujourd’hui un phénomène marginal.

Elle touche une partie de la population française qui va bien au-delà des plus défavorisés, et concerne de plus en plus les jeunes. Aujourd’hui nous ne pouvons pas, en tant que militants politiques, ne pas nous questionner sur les conséquences qu’entraînera la précarité actuelle sur l’état de la population en France dans une vingtaine d’années.

Catherine Abeloos, Présidente de la FNARS Aquitaine (association qui agit pour la solidarité et contre l’exclusion) et directrice générale de l’association Revivre, précise le phénomène et les conséquences de cette « nouvelle précarité ». Le constat chiffré est éloquent : 6 millions de personnes en recherche d’emploi, dont 3 millions sans aucune activité. Les nouvelles formes d’exclusion, loin du cliché des sans domicile fixe, concernent de jeunes adultes en rupture, des femmes victimes de violence, de jeunes couples qui travaillent et ne peuvent se loger,… Les années 1980, avec l’avènement du chômage de masse et des emplois précaires, ont vu l’émergence d’une nouvelle catégorie, les travailleurs pauvres. Ils sont aujourd’hui 1,5 millions, en augmentation de 20% depuis 2003. Ce sont principalement des femmes en temps partiel subi. Par ailleurs, 120 000 jeunes sont sans qualification. A noter également que 57% des allocataires du RSA sont des femmes. Ces nouvelles formes de précarité sont génératrices de tensions sociales.

Pascal Lafargue, Président d’Emmaüs Gironde, axe son intervention sur l’enfance. Il s’agit plus d’exclusion que de pauvreté. On peut être pauvre et heureux ! Le plus inquiétant est l’enfance que l’on ne voit plus, celle qui se terre dans des lieux « inhabituels ». Les parents font ce qu’ils peuvent, il  est de la responsabilité de la collectivité de prendre le relais. En France, on compte 1 500 enfants disparus dans des lieux de non droit, comme Grande-Synthe et Calais. C’est aux élus d’influer pour que la France s’occupe des migrants et des enfants. La France doit prendre ses responsabilités ; sur les 30 000 migrants qu’elle s’est engagée à accueillir, seuls 1 500 l’ont effectivement été pour le moment.

Béatrice Aspart, psychologue et fondatrice du « Garage Moderne », fait part de son expérience de terrain. Le Garage Moderne est un garage associatif  né d’une belle rencontre il y a une quinzaine d’années. La structure compte aujourd’hui 7 000 adhérents et 14 salariés. Elle est aussi engagée dans l’action culturelle. En 2003, l’atelier vélo est créé et en 2012, elle obtient l’agrément centre de formation. Béatrice Aspart évoque les difficultés pour obtenir des subventions, pour se repérer entre tous les acteurs institutionnels compétents. Elle signale également que de nombreux habitants viennent solliciter des aides diverses dans son garage, sans doute par manque de connaissance et d’information sur les structures compétentes.

Olivier Bres, Président de l’association Amos (entreprise d’insertion), revient sur le dispositif « Territoires zéro chômeurs », qui concerne principalement les territoires ruraux. Face à l’uberisation de l’économie, face aux inégalités salariales, il prône les modèles d’avenir des entreprises d’insertion et de l’Economie Sociale et Solidaire. L’ESS pèse aujourd’hui 10% dans l’économie. Elle offre les avantages des emplois non délocalisables et des circuits courts, et constitue un trésor pour notre société. L’ESS est un contre-modèle de sobriété. Olivier Bres insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’assistanat mais bien d’un accompagnement global dont chacun a besoin. Il rappelle également que le fait migratoire est consubstantiel de l’histoire de l’humanité.

Enfin, Florence Lamarque, cadre pédagogique à l IRTS, intervenante à l’Observatoire Girondin de la Pauvreté et de la Précarité, aborde les enjeux en termes de santé. La santé recoupe le bien-être biologique, psychologique et social. Depuis 2012, beaucoup a été fait pour améliorer l’accès à la santé. La PUMA (protection universelle maladie), ne lie plus la protection sociale au travail. Même si cela existait déjà par ailleurs, il s’agit d’une avancée considérable. La généralisation du 1/3 payant va également dans le sens d’un meilleur accès aux soins. La couverture territoriale des soins, et notamment la question des déserts médicaux, constitue aujourd’hui un enjeu majeur. La prévention est également au cœur du débat.

Les militants présents évoquent la question des mutuelles obligatoires, avec les avancées mais également les failles que comporte le système et font également valoir que de nombreux outils existent sur ces questions des précarités, même s’il n’est pas toujours aisé de bien les identifier. Ils précisent l’importance des moyens à allouer à ces politiques.

Emmanuelle Ajon conclut par la nécessité de désegmenter l’action sociale pour aller vers l’accompagnement global. Il faut également s’appuyer sur la redéfinition des besoins vitaux pour revoir les critères d’évaluation des politiques sociales en acceptant que le temps soit long pour donner des résultats. Il s’agit par ailleurs d’arrêter de flirter avec les concepts mais plutôt se baser sur les besoins et de se méfier des termes basiques dont on a besoin de déterminer l’efficacité avant la terminologie. Le droit commun doit en outre être privilégié à la création de mesures d’exception (exemple du CDDI). S’agissant enfin de la pédagogie du parler, l’enjeu est de repositionner l’interdépendance des uns aux autres comme une base de société.

Le prochain « Jeudi de la Fédé » se tiendra le 2 juin au Haillan sur la thématique de l’économie et l’emploi.

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Commission fédérale « Europe et territoires »

Mardi 17 mai 2016 s’est tenue la commission d’installation Europe et Territoires. Les échanges très riches entre les militants ont permis de dégager des pistes d’actions qui pourront rapidement voir le jour : Café de l’Europe, échanges renforcés avec les « partis-frères »…

La fédération s’engage pour faire vivre l’Europe. Si le constat d’une Europe incomprise, d’une Europe-malentendue et clivante a été partagée, il est aussi apparu nécessaire de mieux comprendre ce modèle de société européen, à la fois pluriel et unique qu’il nous appartient aujourd’hui de défendre.

C’est pourquoi nous serons attentifs à ce que la commission puisse répondre aux besoins en termes de formation exprimés par les membres de la commission. Dans cette Europe en crise, il est plus que jamais nécessaire de reconstruire un discours partagé.

La commission Européenne se réunira à nouveau au mois de juin pour approfondir les pistes lancées au cours de la réunion d’installation et préparer le lancement des Cafés de l’Europe.

Stop aux dégradations des permanences politiques !

La Fédération du Parti Socialiste de la Gironde se joint à l’appel de Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire National et de Bruno Le Roux, Président du Groupe SRC à l’Assemblée Nationale, qui condamnent fermement les actes de vandalisme perpétrés contre des permanences d’élus et des locaux de partis politiques ces derniers jours.

En Gironde, ce sont notamment la permanence des élus départementaux de Villenave-d’Ornon et celle de Michèle Delaunay, Députée de la 2e circonscription de la Gironde, qui ont été ciblées.

Les responsables socialistes girondins renouvellent leur soutien aux élus et militants victimes de ces actes inqualifiables qu’il convient de faire cesser immédiatement.
Ils rappellent que, quelles qu’en soient les motivations, de telles violences à l’encontre d’élus de la République sont inacceptables.

Jeudi de la Fédé #3 « L’Europe »

Ce 3e rendez-vous des « Jeudis de la Fédé » à Saint Médard en Jalles était consacré à l’Europe, autour de la thématique proposée dans le cadre des Cahiers de la Présidentielle « Donner une force à l’Europe, donner un sens au monde ».

Après les interventions introductives de François Grémy, secrétaire de section de St Médard et Thierry Trijoulet, Premier Secrétaire Fédéral, qui ont rappelé l’importance de la question européenne et les nombreuses interrogations qu’elle suscite, c’est à Laurence Harribey , Secrétaire fédérale aux territoires et à la cohésion territoriale et candidate aux élections européennes de 2014, qu’est revenue l’animation de la soirée.

Elle a précisé qu’au-delà des discours politiques formatés, le thème de l’Europe était important pour la Fédération. En effet, le Parti Socialiste a tendance à traiter l’Europe comme un dernier chapitre alors qu’elle irrigue notre quotidien et devrait de ce fait abonder dans nos réflexions.

Un atelier avait déjà été consacré à l’Europe lors des Etats Généraux organisés par la Fédération à Cenon en octobre 2014. Voyant dans l’Europe « le champs des possibles », les participants avaient alors mis en évidence la nécessité de sortir d’une position ambigüe sur l’Europe et de rompre avec l’illusion d’une Europe franco-française.

La question du sens à donner à l’Europe doit être abordée à l’aune de deux grandes tendances : d’une part, la montée des nationalismes et de la xénophobie et d’autre part, la contestation du projet européen qui amène à considérer l’Europe tantôt comme un bouc-émissaire, tantôt comme l’unique solution.

Deux intervenants étaient présents pour alimenter la réflexion et le débat.
Laurent Gomez, Secrétaire général de l’AREPO (Association des Régions Européennes des Produits d’origine), nous a apporté son très enrichissant témoignage de lobbyiste, en contact quotidien avec les institutions bruxelloises. L’AREPO, qui représente 28 régions dans 8 pays, a pour mission la défense et la promotion des produits d’origine. Il a rappelé les fondements de la PAC avec ses deux piliers (l’aide directe aux agriculteurs et le FEADER), ainsi que la nature et le rôle des institutions européennes, la Commission, le Parlement et le Conseil.
Sur la question du TTIP, Laurent Gomez précise qu’en fonction de leurs intérêts, les régions européennes sont plutôt pour ou plutôt contre. Il ne faut pas oublier que si seule, la France est trop petite pour exister, au sein de l’Union Européenne elle n’est qu’une parmi 28. Il existe parfois un décalage entre les positions de principe et la réalité économique au quotidien.

Mais quel est le sens de cette Europe économique ? La construction européenne est le résultat de Yalta et de la nécessité d’une Europe pacifiée, après deux conflits mondiaux. C’est donc un projet éminemment politique qui s’est traduit par une construction économique.

Olivier Costa, politologue et directeur de recherche CNRS au sein du centre Emile Durkheim (SciencesPo Bordeaux), précise en effet que la construction économique s’est faite à défaut d’autre chose. Les essais d’intégration politique, notamment avec la Communauté Européenne de Défense au début des années 1950 se sont révélés infructueux. L’intégration s’est donc faite par l’économie, et en premier lieu autour d’éléments stratégiques avec la création de la CECA en 1951, en espérant que le reste suive ensuite.

Aujourd’hui, l’intégration européenne est en crise. Une crise des institutions, des politiques européennes (avec des remises en cause de la PAC, de Schengen, de l’Euro,…) mais aussi du projet européen. C’est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale que l’on doute de l’intérêt de l’Europe. La paix a été acquise par l’Europe qui n’apparaît de ce fait plus nécessaire. Cette crise est alimentée par des sentiments de repli nationaliste, de remise en cause des valeurs européennes que sont par exemple la paix, la démocratie ou la concorde sociale ainsi que par la vision d’une Europe néolibérale qui ne s’intéresse qu’aux marchés. L’élargissement aux pays de l’Est a également eu un impact sur le fonctionnement de l’Europe.

Néanmoins les institutions européennes fonctionnent bien, le Parlement a davantage de pouvoir, la Commission tend à s’apparenter à un gouvernement et les relations entre les institutions se politisent de plus en plus, comme on a pu le voir lors des élections de 2014.
L’enjeu d’une plus grande politisation de l’Union Européenne passe par la réappropriation de la question européenne par les forces de Gauche, certes en gagnant des élections, mais aussi en mettant des idées en débat. Si elle veut peser, la Gauche doit se saisir de certaines questions, dénoncer la libéralisation à outrance, développer des politiques ambitieuses en matière sociale, d’enseignement, d’environnement, remettre en cause le dogme de l’austérité à tout prix. Des outils existent pour cela, tels les droits d’initiative et de pétition. Il faut également investir le PES*.

Olivier Costa soutient la nécessité d’un nouveau traité, qui ne se fasse pas forcément à 28 mais soit radicalement différent des précédents et recentre les grandes idées.

Le débat avec les nombreux militants présents s’engage d’abord sur l’Euro, présenté comme un grand ratage politique et médiatique. L’Euro était logique mais on paye de l’avoir mis en place sans Europe politique. L’Euro est un succès au niveau international et contrairement aux idées reçues, n’a pas entraîné de forte inflation, mais sa conception a encouragé les comportements déviants (exemple de la Grèce). L’Euro est un bouc-émissaire extrêmement pratique. Il est pourtant le 1er symbole concret d’appartenance à l’Europe. Les Français sont très doués pour trouver les symboles négatifs dans la construction européenne tout en réclamant en même temps une Europe politique.

Les échanges riches et nourris ont également porté sur l’idéal commun qui pourrait nous rassembler ainsi le sens à donner à l’Europe, son incarnation et la difficulté de la matérialiser auprès des citoyens français et des militants socialistes. Les actions européennes doivent être mises davantage en valeur.

Marie Récalde, Députée de la 6e circonscription, est intervenue notamment sur l’Europe de la Défense. Certes il n’y a pas de commandement européen, pas de langue commune, mais l’Europe de la Défense existe concrètement sur le terrain. Elle a également une action fondamentale mais peu visible en matière de formation, notamment au Tchad, au Mali, en Centrafrique. En matière de terrorisme, nous ne gagnerons pas seuls. L’Europe de la Défense est une Europe pragmatique, qui se construit par petits pas. Il faut également avoir à l’esprit que tous les pays européens ne décident pas de la même manière de l’engagement dans un conflit. Enfin, des partenariats existent en matière d’industrie de la défense.

En conclusion, la France ne peut pas s’en sortir sans l’Europe. Les grands enjeux auxquels nous sommes ou allons être confrontés ne peuvent être traités qu’au niveau européen.  Derrière l’enjeu démographique par exemple, c’est la question du modèle social qui est posée. Le modèle social européen est pluriel mais a le mérite d’exister.

Partout en Europe il y a des systèmes de protection sociale, des systèmes de retraite, même si selon les pays ils prennent des formes différentes. L’Europe nous a également apporté un certain nombre d’acquis, par le partage des expériences et des modèles des différents pays. C’est ainsi que la politique en matière de défense des droits des consommateurs nous vient des pays nordiques. L’Europe a construit de la solidarité. De nombreuses politiques sont de vraies réussites, comme celles en faveur des territoires ou de la mobilité des jeunes et de la formation professionnelle.
On se leurre aujourd’hui à vouloir construire une Europe unique alors qu’elle est riche de sa diversité. Il nous faut inventer un modèle à partir de nos histoires différentes.

Un grand merci à la section de St Médard en Jalles qui nous a offert un très convivial pot de l’amitié pour clôturer la soirée.
 
* Thierry Trijoulet a indiqué qu’une section du PES vient d’être créée à Bordeaux. De plus amples informations vous seront communiquées très prochainement.

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Hommage aux victimes du génocide des Tutsi du Rwanda

Le 7 avril 2016, la Fédération du Parti Socialiste de Gironde s’est associée aux cérémonies d’hommage aux victimes du génocide des Tutsi du Rwanda.

L’association Cauri, animée par Adélaïde Mukantabana, avait organisé cette 22ème commémoration en deux temps.

D’abord une jetée de fleurs dans la Garonne à partir du  Pont de Pierre à Bordeaux puis un après midi de lectures et d’échanges à Bègles au siège de l’Homme debout  (Œuvre de Bruce Clarke, « L’Homme debout »).

Au Rwanda il y a eu un million de sœurs et frères humains massacrés pourquoi ?

Nous devons toujours « nous opposer au déni, à l’oubli et à la culture de la haine de l’autre ».
Ces cérémonies doivent éclairer les générations actuelles et à venir.

Claire Zanotti
Secrétaire Fédérale aux Mouvements citoyens

1er week-end Union Permanente Régionale

Les deux premières journées de l’Université Permanente Régionale 2016 de la région ALPC se sont déroulées ce week-end à MONTETON (47).

Une quarantaine de militants de la nouvelle région se sont ainsi retrouvés sur le thème « Cadre politique et institutions » (Histoire du Socialisme, lutte contre le FN, Europe, République).
L’animation était assurée par Elsa DI MEO (secrétaire nationale à la promotion et à l’action républicaine), Richard BOUIGUE (coordonnateur du groupe de travail PS sur le FN), Justin AMIOT (animateur du groupe PSE de Rennes), Denis LEFEBVRE (secrétaire général de l’Office Universitaire de Recherches Socialistes). Mireille KERBAOL et Bernard RIVET, formateurs girondins, membres du réseau national à la formation étaient également présents.

Conformément aux priorités nationales et fédérales, les participants de cette Université Permanente sont prioritairement issus de communes à reconquérir ou à conquérir.
C’est ainsi que 5 camarades girondins, proposés par leurs secrétaires de section participent à ce cycle de formation.

Tous les participants se retrouveront en avril et octobre pour deux autres week-end consacrés aux politiques territoriales et aux techniques de campagne.

Participanst et formateurs Girondins

Jeudis de la Fédé #2 « Analyse électorale »

Les militants étaient nombreux à répondre présents pour ce 2e rendez-vous des « Jeudis de la fédé », décentralisé pour l’occasion à Canéjan, conformément à la volonté fédérale de décliner son activité sur l’ensemble du territoire.

Autour des deux intervenants Jean Petaux, politologue à Sciences Po Bordeaux et Sylvain Brouard, chargé de recherche de la Fondation Nationale des Sciences Politiques au CEVIPOF, la soirée était consacrée à l’analyse des scrutins électoraux en Gironde après les municipales, les départementales et les régionales.

Après les propos introductifs de Thierry Trijoulet, Premier Secrétaire Fédéral et Emilie Coutanceau, Secrétaire fédérale à l’animation fédérale, vie militante et sections, Alain Mano, adjoint au Maire de Canéjan et représentant le Maire Bernard Garrigou en déplacement, a rappelé dans les grandes lignes les résultats des dernières élections.

Sylvain Brouard a d’abord concentré son propos sur les comportements électoraux en Gironde. Différentes analyses de l’évolution de l’électorat socialiste par rapport aux autres formations politiques (droite, Front National et autres partis de gauche) sont proposées, depuis 1986 et en fonction du type d’élection.

En termes d’inscrits, on constate que l’affaiblissement momentané du PS en 2015 est loin d’être catastrophique et moins important qu’au niveau national, certes en deçà des pics de 1986 et 2004, mais loin des plus bas scores de 1992.

Le Front National progresse très fortement depuis 2010, alors que la droite et le centre ne profitent pas de leur situation dans l’opposition et souffrent de la concurrence du FN. Le constat en termes d’exprimés met en évidence une croissance du Front National encore plus spectaculaire et consacre le déclin de la droite et du Parti Socialiste, qui reste toutefois en tête.

  1. Brouard s’intéresse ensuite aux préférences politiques de l’électorat girondin. Deux tendances se dégagent. D’une part, l’orientation progressiste des électeurs girondins, qui se prononcent majoritairement contre le démantèlement de l’état social et qui manifestent leur attachement à la protection et à la revalorisation des salariés. D’autre part, la droitisation de ce même électorat sur les questions sécuritaire et migratoire, qui souhaite davantage de dépenses pour la police et l’armée, mais une très nette réduction de celles relatives aux aides sociales allouées aux étrangers en situation régulière.

Jean Petaux axe ensuite son intervention sur le thème : «Le FN en Aquitaine : de l’infusion à la diffusion ».

L’apparente faiblesse du Front National est d’abord dû à des causes historiques : une présence gaulliste importante (avec Chaban), la tradition du communisme de la Résistance en Dordogne, une forte présence socialiste dans les Landes et en Lot et Garonne et le poids de la démocratie chrétienne dans les Pyrénées Atlantiques. Les causes sont également conjoncturelles, avec un effet masquant du vote CPNT.

En 2002, le vote FN est totalement décroché en Aquitaine par rapport aux résultats nationaux et la « résistance socialiste » se traduit par un vote Jospin très au-delà du score national. Le vote frontiste se concentre alors autour du couloir de la Garonne et de la Gironde, en Lot et Garonne, dans le Nord Médoc et le Blayais.

La Présidentielle de 2012 marque un retour momentané à la bipolarisation « PS-UMP ». Marine Le Pen n’atteint pas, en pourcentage des suffrages exprimés, les scores de son père en 2002 et François Hollande améliore très nettement ceux de ses deux prédécesseurs en 2002 et 2007.

Enfin, les résultats des élections départementales ont été positifs en Gironde. L’union de la gauche compte 44 conseillers départementaux, contre 20 pour l’union de la droite et 2 pour le Front National. L’ancrage frontiste se situe toujours autour de la Garonne. Les mêmes conclusions s’appliquent au scrutin régional de décembre dernier.

Une fois posée cette photographie des forces politiques en présence en Gironde, les échanges ont notamment tourné autour du vote frontiste :

  • son implantation de plus en plus massive et plus marquée en milieu rural,
  • l’évolution de son électorat, qui ne se cantonne plus aux personnes en désespérance sociale mais concerne de plus en plus des personnes insérées dans la vie sociale et professionnelle, même si l’on observe toujours des écarts en fonction des diplômes, des CSP,..
  • les thématiques qui entrent en résonnance dans le milieu rural parallèlement à la montée du vote FN, les raisons économiques, l’insécurité.

Les intervenants ont indiqué que la tranche d’âge 18-22 ans était la période clé de la formation politique. Pour des jeunes socialisés avec le FN, l’attrait d’un Front National qui se nourrit du rejet de la classe politique est d’autant plus important que la popularité du chef de l’état en place est faible. Même si l’adage « plus on est jeune, plus on vote à gauche » est toujours d’actualité.
Il a également été question des réponses à apporter par le Parti Socialiste face à ces constats, en particulier s’agissant des stratégies de campagne à adopter, en porte-à-porte par exemple.

La soirée s’est terminée dans la convivialité.

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Jacques Respaud, un socialiste de terrain

Mercredi 9 mars 2016, Jacques Respaud était à la Fédération pour présenter et dédicacer son livre d’entretiens avec Hervé Mathurin, Jacques Respaud, un socialiste de terrain, en présence de Thierry Trijoulet, Premier Secrétaire Fédéral.

Cet ouvrage biographique d’une grande sincérité, agrémentée de nombreuses photos et documents inédits, est le 1er d’une collection intitulée « Ma vie, mon œuvre ».

L’élu bordelais est revenu sur son long parcours militant, syndical et associatif, relatant ses nombreuses batailles électorales, son rôle de conseiller municipal d’opposition à Bordeaux et insistant surtout sur son inlassable travail de terrain sur son canton de Bordeaux Sud.

Il a enfin convié les militants présents à partager un verre de l’amitié.

Jeudis de la Fédé #1 « La Nation »

Le 1er rdv des « Jeudis de la Fédé » aura été un franc succès. Des militants nombreux, attentifs aux interventions de qualité et désireux d’échanger avec les personnalités présentes autour de la thématique proposée :

« Après les événements dramatiques de 2015, comment le Parti Socialiste peut-il répondre légitimement aux attentes fortes des Français sur le thème de la Nation (définition, protection…) tout en restant fidèle à ses fondamentaux ? »

Après un mot d’accueil de notre Premier Fédéral Thierry Trijoulet, Emilie Coutanceau, Animatrice du pôle « Vie militante et animation fédérale », introduit la soirée, évoquant le traumatisme des attentats de 2015 et la nécessaire réflexion sur le rapport entretenu par la Gauche avec la notion de Nation.

Anne-Marie Cocula, agrégée d’histoire, ancienne présidente de l’Université de Bordeaux 3 et ancienne vice-présidente de la Région Aquitaine, apporte d’abord un éclairage historique, retraçant l’évolution de la notion de Nation à travers les siècles. La France est l’un des pays qui a été le plus tôt centralisé, d’où l’émergence assez précoce de l’idée de Nation. C’est notamment Calvin, pasteur protestant du XVIe siècle, qui participe au développement de la notion de Nation. Avec les guerres de religion, la France laïcise assez tôt l’idée de Nation, qui sera ensuite largement reprise par les philosophes des Lumières, notamment à travers l’Encyclopédie. La « Nation » devient donc une référence bien avant la Révolution Française, qui introduit une rupture. La Nation française qui naît de la Révolution de 1789 et qui dispose désormais de représentants fait oublier les précédentes naissances. Les restaurations puis la fin définitive des monarchies au XIXe siècle réinterrogent le concept le Nation, notamment au travers de ses symboles et plus particulièrement du drapeau tricolore.
Anne-Marie Cocula conclut son intervention par un texte de Marcel Gauchet, qui déjà en  1984, évoquait la question du renouveau de la Nation.

Régis Ritz, également ancien président de l’Université Bordeaux Montaigne, membre du Conseil Européen des Langues et très impliqué dans les programmes européens de mobilité (notamment Erasmus), déplace ensuite le débat sur la scène européenne. Prenant l’exemple du Royaume-Uni et de l’Allemagne, il expose comment l’histoire singulière de la construction de la nation dans ces deux pays a forgé leur rapport à l’intégration européenne, évoquant les velléités autonomistes de l’Ecosse comme la crainte des Allemands de l’est de voir la tutelle de Bruxelles remplacer celle de Moscou. Que peut nous apporter l’Europe dans la construction de la Nation ? Le programme Erasmus est un outil essentiel dans le sens où il permet la création d’un réseau de circulation des étudiants et des professeurs, la reconnaissance des diplômes en Europe et une expérience qui apporte un regard extérieur sur soi-même, son pays, sa Nation. Cette mobilité académique, qui plus est accompagnée d’une mobilité professionnelle, est extrêmement positive car elle fait naître le « citoyen européen ».

Enfin, Jérôme Boyer, directeur de greffe, revient sur les conditions d’acquisition et de perte de la nationalité française, définies dans le Code Civil. La 1ère notion de « déchéance de nationalité » remonte à l’abolition de l’esclavage en 1848, à l’issue de laquelle les Français ne respectant pas le décret d’abolition se voient sanctionnés d’une « perte de la qualité de citoyen français ». C’est toutefois sous le régime de Vichy que la France connaîtra des déchéances massives de nationalité. Il indique ce qui, à son sens, a incité le gouvernement de François Hollande à vouloir inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution : la règle des 3/5ème imposera l’unité nationale pour toute nouvelle modification constitutionnelle, constituant ainsi une garantie pour l’avenir. Les interrogations restent fortes quant à la possibilité du texte, adopté mercredi par l’assemblée nationale, de parvenir jusqu’au Congrès. Au-delà, le concept de Nation divise autant car il fait appel à la notion de vivre ensemble. Jérôme Boyer, dont le service a notamment pour fonction d’examiner et d’instruire les dossiers de demande de nationalité, fait part de l’étonnement de certains nouveaux accédants à la nationalité française, frappés par le cérémonial dans d’autres pays, qui n’existe pas en France.

Ces trois interventions complémentaires ont permis d’apporter, au-delà des clivages, des éléments de fond sur cette thématique de la Nation.

Un débat riche et fourni s’engage, de nombreuses questions sont posées aux intervenants, et notamment : quid de la ratification des conventions internationales par la France ? Qu’en est-il de l’apatridie ? Comment composer avec certains engagements et valeurs qui ont ressurgis avec les attentats ? Que penser de l’expulsion des binationaux déchus vers d’autres pays ? La France appliquera-t-elle la réciprocité ? Quelle approche de la Nation dans un mouvement internationaliste ?

La soirée se conclut autour d’un pot convivial.

Nous vous invitons d’ores et déjà à noter le prochain rendez-vous des Jeudis de la Fédé, programmé le jeudi 10 mars à Canéjan autour du thème « Comment analyser les scrutins électoraux en Gironde après les municipales, les départementales et les régionales? »

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