Soirée anniversaire du 10 mai 1981

« Des centaines de millions d’hommes sur la Terre sauront ce soir que la France est prête à leur parler le langage qu’ils ont appris à aimer d’elle »

lançait il y a 30 ans François Mitterrand tout juste élu depuis l’hôtel du Vieux Morvan. Par ces mots il avait déjà revêtu l’habit d’un Président de la République, sans avoir besoin d’une retraite en yacht pour mesurer alors la charge et la responsabilité qui devenaient la sienne.

En regardant la vidéo de sa déclaration du 10 mai 1981, je retiens à la fois l’immense vague de joie qui traversa alors notre pays, ainsi que la solennité d’un homme dont la stature et la hauteur lui interdirent tout signe d’autosatisfaction là où aujourd’hui nous n’observons plus que ça à la tête de l’État.

Ce succès de la gauche, presque 25 ans après l’accession au pouvoir du Général De Gaulle, suscita alors un formidable espoir, l’espoir d’un renouveau, d’un nouveau départ. Au-delà de l’élection du premier Président socialiste de la Ve République, ce fut la victoire de tout le peuple de gauche.

Dès les premiers mois, les avancées sont considérables : abolition de la peine de mort, libéralisation de l’audiovisuel, réduction du temps de travail à 39 heures, 5ème semaine de congés payés, retraite à 60 ans, lois Defferre sur la décentralisation, suppression de la Cour de sûreté de l’État, instauration de l’impôt sur les grandes fortunes, et bien d’autres encore. Pendant 2 mandats, en pleine guerre froide, François Mitterrand marquera également la politique étrangère de la France, notamment à travers le chemin parcouru en faveur de la construction européenne.

François Mitterrand nous a laissé un héritage social et humain considérable, que la droite s’emploie aujourd’hui à démanteler et qu’il nous appartient aussi de défendre. Car le progrès social est un combat qui ne se termine jamais, nous devons aujourd’hui être fiers de nos valeurs, fiers du bilan de la gauche quand elle a été au pouvoir.

L’élection de François Mitterrand nous laisse également des enseignements ô combien précieux encore aujourd’hui, notamment celui d’une victoire acquise dans l’unité, puisque pour la 1ère fois, le candidat à la présidence fait le plein des voix socialistes. Dans le contexte politique qui est le nôtre, nous ne devrons pas oublier dans les semaines et mois à venir que cette unité est une exigence pour remporter les échéances de 2012.

Je suis heureux de vous accueillir ce soir nombreux, il était important de pouvoir partager un moment convivial ensemble à l’occasion de cette date anniversaire si chargée de symboles. Dans quelques instants nous écouterons cette chanson de Barbara « Regarde » avant de visionner un documentaire d’une quinzaine de minutes regroupant des témoignages de personnalités sur l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir. J’en profite d’ailleurs pour saluer le personnel de la Fédération que je le sais s’est investi avec cœur dans la préparation de cette soirée, et je veux aussi remercier tous les militants qui nous ont permis de rassembler les archives que vous pourrez découvrir ce soir.

Mes chers camarades, et c’est avec ma conviction profonde de militant socialiste que je m’adresse à vous ce soir, notre devoir pour 2012, c’est de permettre la victoire de celui que François Mitterrand présentait comme le grand vainqueur du 10 mai 1981 : l’espoir.

Je vous remercie

Discours de Ludovic Freygefond, Premier Secrétaire Fédéral

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