Commission fédérale « Europe et territoires »

Mardi 17 mai 2016 s’est tenue la commission d’installation Europe et Territoires. Les échanges très riches entre les militants ont permis de dégager des pistes d’actions qui pourront rapidement voir le jour : Café de l’Europe, échanges renforcés avec les « partis-frères »…

La fédération s’engage pour faire vivre l’Europe. Si le constat d’une Europe incomprise, d’une Europe-malentendue et clivante a été partagée, il est aussi apparu nécessaire de mieux comprendre ce modèle de société européen, à la fois pluriel et unique qu’il nous appartient aujourd’hui de défendre.

C’est pourquoi nous serons attentifs à ce que la commission puisse répondre aux besoins en termes de formation exprimés par les membres de la commission. Dans cette Europe en crise, il est plus que jamais nécessaire de reconstruire un discours partagé.

La commission Européenne se réunira à nouveau au mois de juin pour approfondir les pistes lancées au cours de la réunion d’installation et préparer le lancement des Cafés de l’Europe.

Stop aux dégradations des permanences politiques !

La Fédération du Parti Socialiste de la Gironde se joint à l’appel de Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire National et de Bruno Le Roux, Président du Groupe SRC à l’Assemblée Nationale, qui condamnent fermement les actes de vandalisme perpétrés contre des permanences d’élus et des locaux de partis politiques ces derniers jours.

En Gironde, ce sont notamment la permanence des élus départementaux de Villenave-d’Ornon et celle de Michèle Delaunay, Députée de la 2e circonscription de la Gironde, qui ont été ciblées.

Les responsables socialistes girondins renouvellent leur soutien aux élus et militants victimes de ces actes inqualifiables qu’il convient de faire cesser immédiatement.
Ils rappellent que, quelles qu’en soient les motivations, de telles violences à l’encontre d’élus de la République sont inacceptables.

Dégradation de la permanence socialiste de Villenave-d’Ornon

La Fédération du Parti Socialiste de la Gironde condamne avec la plus grande fermeté les actes de vandalisme perpétrés dans la nuit du 11 au 12 mai contre la permanence de la section socialiste de Villenave-d’Ornon et des élus départementaux Martine Jardiné et Jacques Raynaud.

« Quelles que soient les motivations, la dégradation de bien d’autrui ne peut constituer une réponse acceptable à de quelconques revendications »

précise Thierry Trijoulet, Premier Secrétaire Fédéral qui fait part de son soutien aux socialistes Villenavais et Bèglais.

Ces actes pénalisent par ailleurs en premier lieu nos concitoyens reçus régulièrement dans ces locaux dans le cadre des permanences  des conseillers départementaux.

La lettre d’information du MEDEF Gironde, un édito sidérant

La Fédération du Parti Socialiste de la Gironde réagit avec inquiétude et consternation aux propos tenus par Jean-François Clédel, Président du MEDEF Gironde, dans l’édito de la lettre d’information de l’organisation patronale.

En mentionnant « des manifestations printanières de lycéens », M. Clédel méprise cette jeunesse qui est l’avenir de notre pays.  En qualifiant d’« obscurantisme doctrinaire » le testing par CV anonyme, il se disjoint de la si nécessaire lutte contre les discriminations. Et en présentant la France comme « Fille aînée de l’Eglise », il met à mal la laïcité, pilier fondateur de notre République, qui doit être protégée et renforcée.

Thierry Trijoulet, Premier Secrétaire Fédéral, évoque

« des propos irresponsables qui ne font que renforcer les clivages et la stigmatisation, quand notre devoir est au contraire d’apaiser notre société ».

Cet édito très dogmatique ne fait pas preuve d’une grande responsabilité pour un chef d’entreprise et ne reflète pas la vision de l’ensemble des dirigeants d’entreprises.

«Le gouvernement s’est intelligemment livré à de nouvelles concertations dans le cadre de la loi El Khomri. Non M. Clédel, entendre la contestation et s’ouvrir au dialogue avec l’ensemble des acteurs du monde du travail ne constituent pas une déclaration de guerre ! », conclut le responsable socialiste.

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Jeudi de la Fédé #3 « L’Europe »

Ce 3e rendez-vous des « Jeudis de la Fédé » à Saint Médard en Jalles était consacré à l’Europe, autour de la thématique proposée dans le cadre des Cahiers de la Présidentielle « Donner une force à l’Europe, donner un sens au monde ».

Après les interventions introductives de François Grémy, secrétaire de section de St Médard et Thierry Trijoulet, Premier Secrétaire Fédéral, qui ont rappelé l’importance de la question européenne et les nombreuses interrogations qu’elle suscite, c’est à Laurence Harribey , Secrétaire fédérale aux territoires et à la cohésion territoriale et candidate aux élections européennes de 2014, qu’est revenue l’animation de la soirée.

Elle a précisé qu’au-delà des discours politiques formatés, le thème de l’Europe était important pour la Fédération. En effet, le Parti Socialiste a tendance à traiter l’Europe comme un dernier chapitre alors qu’elle irrigue notre quotidien et devrait de ce fait abonder dans nos réflexions.

Un atelier avait déjà été consacré à l’Europe lors des Etats Généraux organisés par la Fédération à Cenon en octobre 2014. Voyant dans l’Europe « le champs des possibles », les participants avaient alors mis en évidence la nécessité de sortir d’une position ambigüe sur l’Europe et de rompre avec l’illusion d’une Europe franco-française.

La question du sens à donner à l’Europe doit être abordée à l’aune de deux grandes tendances : d’une part, la montée des nationalismes et de la xénophobie et d’autre part, la contestation du projet européen qui amène à considérer l’Europe tantôt comme un bouc-émissaire, tantôt comme l’unique solution.

Deux intervenants étaient présents pour alimenter la réflexion et le débat.
Laurent Gomez, Secrétaire général de l’AREPO (Association des Régions Européennes des Produits d’origine), nous a apporté son très enrichissant témoignage de lobbyiste, en contact quotidien avec les institutions bruxelloises. L’AREPO, qui représente 28 régions dans 8 pays, a pour mission la défense et la promotion des produits d’origine. Il a rappelé les fondements de la PAC avec ses deux piliers (l’aide directe aux agriculteurs et le FEADER), ainsi que la nature et le rôle des institutions européennes, la Commission, le Parlement et le Conseil.
Sur la question du TTIP, Laurent Gomez précise qu’en fonction de leurs intérêts, les régions européennes sont plutôt pour ou plutôt contre. Il ne faut pas oublier que si seule, la France est trop petite pour exister, au sein de l’Union Européenne elle n’est qu’une parmi 28. Il existe parfois un décalage entre les positions de principe et la réalité économique au quotidien.

Mais quel est le sens de cette Europe économique ? La construction européenne est le résultat de Yalta et de la nécessité d’une Europe pacifiée, après deux conflits mondiaux. C’est donc un projet éminemment politique qui s’est traduit par une construction économique.

Olivier Costa, politologue et directeur de recherche CNRS au sein du centre Emile Durkheim (SciencesPo Bordeaux), précise en effet que la construction économique s’est faite à défaut d’autre chose. Les essais d’intégration politique, notamment avec la Communauté Européenne de Défense au début des années 1950 se sont révélés infructueux. L’intégration s’est donc faite par l’économie, et en premier lieu autour d’éléments stratégiques avec la création de la CECA en 1951, en espérant que le reste suive ensuite.

Aujourd’hui, l’intégration européenne est en crise. Une crise des institutions, des politiques européennes (avec des remises en cause de la PAC, de Schengen, de l’Euro,…) mais aussi du projet européen. C’est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale que l’on doute de l’intérêt de l’Europe. La paix a été acquise par l’Europe qui n’apparaît de ce fait plus nécessaire. Cette crise est alimentée par des sentiments de repli nationaliste, de remise en cause des valeurs européennes que sont par exemple la paix, la démocratie ou la concorde sociale ainsi que par la vision d’une Europe néolibérale qui ne s’intéresse qu’aux marchés. L’élargissement aux pays de l’Est a également eu un impact sur le fonctionnement de l’Europe.

Néanmoins les institutions européennes fonctionnent bien, le Parlement a davantage de pouvoir, la Commission tend à s’apparenter à un gouvernement et les relations entre les institutions se politisent de plus en plus, comme on a pu le voir lors des élections de 2014.
L’enjeu d’une plus grande politisation de l’Union Européenne passe par la réappropriation de la question européenne par les forces de Gauche, certes en gagnant des élections, mais aussi en mettant des idées en débat. Si elle veut peser, la Gauche doit se saisir de certaines questions, dénoncer la libéralisation à outrance, développer des politiques ambitieuses en matière sociale, d’enseignement, d’environnement, remettre en cause le dogme de l’austérité à tout prix. Des outils existent pour cela, tels les droits d’initiative et de pétition. Il faut également investir le PES*.

Olivier Costa soutient la nécessité d’un nouveau traité, qui ne se fasse pas forcément à 28 mais soit radicalement différent des précédents et recentre les grandes idées.

Le débat avec les nombreux militants présents s’engage d’abord sur l’Euro, présenté comme un grand ratage politique et médiatique. L’Euro était logique mais on paye de l’avoir mis en place sans Europe politique. L’Euro est un succès au niveau international et contrairement aux idées reçues, n’a pas entraîné de forte inflation, mais sa conception a encouragé les comportements déviants (exemple de la Grèce). L’Euro est un bouc-émissaire extrêmement pratique. Il est pourtant le 1er symbole concret d’appartenance à l’Europe. Les Français sont très doués pour trouver les symboles négatifs dans la construction européenne tout en réclamant en même temps une Europe politique.

Les échanges riches et nourris ont également porté sur l’idéal commun qui pourrait nous rassembler ainsi le sens à donner à l’Europe, son incarnation et la difficulté de la matérialiser auprès des citoyens français et des militants socialistes. Les actions européennes doivent être mises davantage en valeur.

Marie Récalde, Députée de la 6e circonscription, est intervenue notamment sur l’Europe de la Défense. Certes il n’y a pas de commandement européen, pas de langue commune, mais l’Europe de la Défense existe concrètement sur le terrain. Elle a également une action fondamentale mais peu visible en matière de formation, notamment au Tchad, au Mali, en Centrafrique. En matière de terrorisme, nous ne gagnerons pas seuls. L’Europe de la Défense est une Europe pragmatique, qui se construit par petits pas. Il faut également avoir à l’esprit que tous les pays européens ne décident pas de la même manière de l’engagement dans un conflit. Enfin, des partenariats existent en matière d’industrie de la défense.

En conclusion, la France ne peut pas s’en sortir sans l’Europe. Les grands enjeux auxquels nous sommes ou allons être confrontés ne peuvent être traités qu’au niveau européen.  Derrière l’enjeu démographique par exemple, c’est la question du modèle social qui est posée. Le modèle social européen est pluriel mais a le mérite d’exister.

Partout en Europe il y a des systèmes de protection sociale, des systèmes de retraite, même si selon les pays ils prennent des formes différentes. L’Europe nous a également apporté un certain nombre d’acquis, par le partage des expériences et des modèles des différents pays. C’est ainsi que la politique en matière de défense des droits des consommateurs nous vient des pays nordiques. L’Europe a construit de la solidarité. De nombreuses politiques sont de vraies réussites, comme celles en faveur des territoires ou de la mobilité des jeunes et de la formation professionnelle.
On se leurre aujourd’hui à vouloir construire une Europe unique alors qu’elle est riche de sa diversité. Il nous faut inventer un modèle à partir de nos histoires différentes.

Un grand merci à la section de St Médard en Jalles qui nous a offert un très convivial pot de l’amitié pour clôturer la soirée.
 
* Thierry Trijoulet a indiqué qu’une section du PES vient d’être créée à Bordeaux. De plus amples informations vous seront communiquées très prochainement.

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